Les Alpes sous l’œil du glaciologue

Chaque année, un groupe de chercheurs et de passionnés gravissent les sommets alpins pour évaluer l’état de santé des glaciers helvétiques.
Le constat est plutôt accablant: le déclin des glaciers ne cesse de progresser. Ces travaux doivent permettre d’en prévoir les répercussions sur l’homme et sur l’environnement. Afin de nous préparer aux pires scénarios.

La Suisse, il y a 20’000 ans: une lande de glace recouvre le territoire, ne laissant émerger ça et là que les sommets les plus élevés. Le climat est froid et sec. En été, la température moyenne est inférieure de 8 à 10 degrés à ce qu’elle est aujourd’hui et le pays reçoit chaque année 500 mm de précipitations en moins.

Au fil des millénaires, les glaciers ont connu des phases de croissance et de fonte de leur masse, comme le veut la fluctuation naturelle dictée par les cycles climatiques. Puis, dès le milieu du XIXe siècle, soit à la fin de la ‘petite ère glaciaire’, ils ont entamé le déclin qui se poursuit de nos jours.

Fonte massive

Selon une étude conduite par l’EPFZ, la période comprise entre l’automne 2005 et l’automne 2006 a été particulièrement néfaste pour les glaciers suisses, qui ont perdu entre 3 et 4% de leur volume et jusqu’à 2,5 mètres d’épaisseur.

A l’exception de l’Allalingletscher en Valais, toutes les glaces éternelles observées ont reculé. Dans les Grisons, le glacier de la Suretta a perdu près de 700 mètres en moins de 12 mois. L’Aletsch, le plus grand glacier d’Europe, a quant à lui vu sa longueur diminuer de 115 mètres.

«D’une manière générale, on peut affirmer que la fonte des glaces s’est nettement accélérée depuis 1998», ajoute encore Giovanni Kappenberger.

Source: swissinfo.org