La vitesse de vol des oiseaux

Les oiseaux se fichent pas mal des lois de l’aérodynamique qu’ingénieurs et scientifiques ont élaborées depuis les débuts de l’aéronautique. Selon des chercheurs suédois, ce qui détermine la vitesse en vol d’un oiseau échappe en partie à ces lois et dépend pour une large part de la généalogie du volatile et de son évolution.
Pour un appareil volant, le rapport entre sa masse et la surface de portance (les ailes) est déterminant pour connaître sa vitesse en vol. L’allure des 138 espèces d’oiseaux migrateurs que Thomas Alerstam, Mikael Rosen et leurs collègues de l’Université de Lund ont étudiées ne correspond pas fidèlement à ces prédictions théoriques.


Les chercheurs ont utilisé un radar pour mesurer la vitesse de déplacement en vol des oiseaux, depuis des petits passereaux de 10 grammes à des cygnes de 10 kilogrammes. Les vitesses moyennes s’étalent entre 8 et 23 mètres/seconde. Les différences de vitesse ne sont pas significatives entre gros et petits oiseaux, soulignent les auteurs. Certains oiseaux de belle taille, comme les oiseaux de proie ou les hérons, volent moins vite que ne laisse supposer le rapport entre leur masse et la surface de leurs ailes. A l’inverse, les petits passereaux ou les oiseaux du littoral sont rapides.


Les caractéristiques du vol des oiseaux sont étroitement liées à leur lignée et à leur évolution, selon Alerstam et Rosen. Ainsi les oiseaux de petite taille ont intérêt à se déplacer rapidement pour échapper à leurs prédateurs. La forme des ailes et la capacité à modifier cette forme sont des éléments capitaux de l’aérodynamique des oiseaux, décidément bien complexe à imiter.

Ces travaux sont publiés cette semaine dans les PLoS Biology.
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