La transhumance des Chocards à bec jaune

Montagnards pure souche, ils font leurs emplettes, l’hiver venu, en plaine lorsque les ressources alimentaires déclinent en altitude. Vergers, vignes ou coteaux alentours, rien ne leur échappe.

Vous les avez certainement remarqués. Ils se déplacent en bandes, tournoyant dans les airs, écumant les toits de la capitale sédunoise, de Sierre, de Martigny ou de Monthey.

Les chocards à bec jaune paraissent familiers. Surtout qu’ils sont parfois confondus avec les choucas, les craves, voire les corneilles et les corbeaux.

Chocard à bec jaune
Chocard à bec jaune

Choucas des tours
Choucas des tours

Pourtant, la littérature concernant leur transhumance est assez peu fournie. L’espèce est connue, ses déplacements moins. Heureusement, il existe des ornithologues professionnels et des observateurs assidus.

Durant l’hiver, les chocards ne sont pas attachés à une localité ou une vallée, mais utilisent un grand domaine à l’intérieur duquel ils sont très mobiles, en fonction des conditions météo et du vent.

Ainsi, «les chocards du massif des Diablerets peuvent se rendre à Sion ou dans la région de Villars.»

Pour le Valais central, Bertrand Posse, collaborateur à l’antenne valaisanne de la station ornithologique suisse de Sempach à Salquenen confirme les propos de son collègue montheysan. «Le nombre d’individus n’a pas forcément diminué à Monthey. Il n’y a pas de raison objective à ce phénomène, si ce n’est deux hivers un peu plus doux? Mais le chocard est relativement intelligent.

Il sait s’adapter. Les habitudes locales peuvent donc varier fortement.» Entre Saillon et Sierre, on estime à une dizaine les localités au pied du coteau qui sont régulièrement visitées en hiver. Les ornithologues ont compté jusqu’à 2000 individus à Sion. Les hôtes viendraient essentiellement de la rive droite du Rhône, entre Ovronnaz et Montana.

«Le bassin versant est assez grand, vu que les colonies sont dispersées et ne comptent pas beaucoup d’individus», explique Bertrand Posse. Sur la rive gauche du Rhône, les oiseaux auraient tendance à demeurer dans les vallées latérales. Ils effectuent aussi des transhumances quotidiennes et s’arrêtent à la première opportunité. Comme dans le verger de Vex à l’entrée du val d’Hérens. Reste que, parfois, les villes attirent les chocards jusqu’à les sédentariser.

Du moins provisoirement. «Aux Moulins de Sion, un couple de nicheurs s’est établi durant les années 1993-94-95. Ce qui atteste de la reproduction la plus basse de Suisse au niveau altitude…»

Source: nouvelliste.ch

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