Les rapaces de nos régions

Introduction

Le Groupe Broyard de Recherches
Ornithologiques (GBRO) regroupe une trentaine
d’ornithologues de terrain bénévoles : ces vaudois, fribourgeois et neuchâtelois
se sont donné les moyens d’effectuer un suivi de certaines populations d’oiseaux
sur un long terme. La vocation de cette société est l’étude et la protection des
espèces menacées; parmi elles, les rapaces constituent la part la essentielle
de nos activités.
Les quelques images présentées plus loin vous donneront une idée des travaux effectués.
Vous pouvez participer à nos activités de terrain, mais nous voudrions préciser
d’emblée que le GBRO n’est pas un cercle ornithologique offrant à ses membres
des sorties guidées : les participants sont acceptés pour autant qu’ils veuillent
bien participer concrètement aux travaux dans le terrain.
Pour de plus amples renseignements, adressez-vous à l’adresse e-mail suivante :
moineau55@bluewin.ch

Autour des palombes (Accipiter gentilis)

Rapace discret et furtif, l’Autour niche au coeur des vieilles forêts de conifères.
Posée sur le rebord de l’aire, la femelle laisse ici admirer sa longue queue barrée;
les observateurs attentifs auront remarqué qu’elle est baguée.

Le poussin, âgé d’environ deux semaines, se soulève régulièrement de la cuvette
du nid, construit dans une lyre d’épicéa. Une forte charge de neige mouillée cause
souvent le bris de la cime des arbres qui développent par la suite 2 ou 3 flèches
offrant ainsi une situation de nid recherchée par ce rapace.

La femelle fait une courte pose après avoir nourri son unique jeune et apporté
un rameau vert. La recharge de l’aire, ici avec des branchages de sapin blanc,
permet à l’oiseau de la maintenir dans un état de propreté impeccable.

Le moindre mouvement dans le sous-bois n’échappe pas au regard perçant de l’adulte
qui surveille en permanence les environs immédiats du nid.

Une semaine plus tard, l’aspect du jeune a beaucoup changé : le plumage ventral
flammé remplace déjà partiellement le duvet.

Très curieux, le jeune scrute les alentours et découvre son environnement.
Le duvet qu’il a perdu est bien visible dans les branches bordant l’aire.

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Milan royal (Milvus milvus)

Le Milan royal construit une aire rudimentaire, ici sur les branches latérales
d’un épicéa . Les 3 poussins, âgés d’environ 18 jours, ont le regard fixé sur
l’adulte qui tournoie.

Une fois nourris, les jeunes se reposent et sont ainsi dissimulés dans la cuvette
de l’aire; la femelle les contemple longuement.

A 28 jours, les jeunes sont déjà presque complètement emplumés et arborent
déjà une belle coloration rousse.

Tête claire, cire et iris de l’œil jaunes contrastant avec les parties supérieures
du plumage aux tonalités brunes, longue queue orangée très échancrée : le Milan
royal est incontestablement l’un de nos plus beaux rapaces.

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Buse variable (Buteo buteo)

Les jeunes buses naissent au moment où le hêtre développe son feuillage printanier
vert tendre. Certains couples réoccupent souvent d’anciennes aires qui peuvent
devenir volumineuses au fil des années. Agé de 13 jours, un des jeunes montre
furtivement sa tête.

Les poussins alternent de longues séances de repos et d’activité; ils se soulèvent
de temps en temps pour déféquer. Les fientes très liquides sont projetées à l’extérieur
de l’aire qui reste ainsi très propre.

Intrigué, le mâle surveille attentivement l’observateur dissimulé dans le sous-bois.
La différence de taille entre le cadet, à droite, et son ainé est bien visible
: elle est due à un intervalle de 3 jours entre les éclosions.

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Milan noir (Milvus migrans)

Bien dissimulée dans la fourche d’un gros hêtre, un poussin âgé de 2 semaines
attend patiemment l’arrivée d’un adulte.

La femelle surveille ses jeunes proches de l’envol et âgés de 4 semaines. Le
jeune, penché, montre sa tête encore très anguleuse.

Dressé sur l’aire composée de branches sèches et de matériaux hétéroclites,
le jeune scrute les alentours. A la moindre alerte, il se tapit au fond du nid.

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Epervier d’Europe (Accipiter nisus)

L’Epervier, vif et farouche, construit chaque année une aire neuve, formée
de branchages fins, dans un peuplement dense de jeunes conifères : ici, dans un
mélèze. Ravitaillée par le mâle, la femelle nourrit seule les jeunes.

Les poussins sont très turbulents : leur baguage est effectué lorsqu’ils sont
âgés de 12 à 15 jours.

Les deux jeunes viennent de manger : on peut remarquer leur jabot bien rempli.

Intriguée par quelque chose, une jeune femelle se soulève et montre ainsi ses
longs tarses non emplumés sur lesquels la bague est bien visible.

La croissance des rémiges est très rapide : elle contraste fortement avec le
reste du duvet blanc. Les jeunes ne vont pas tarder à voleter dans les branches
des arbres alentour.

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Faucon hobereau (Falco subbuteo)

Le Faucon hobereau est un migrateur qui ne revient qu’en mai et réutilise souvent
un nid de corneille pour élever ses jeunes au cours du mois d’août. La femelle
nourrit rapidement sa progéniture.

En fin de journée, les deux jeunes affamés, regard fixé sur le ciel, attendent
impatiemment l’arrivée de la femelle.

Un des deux jeunes avale une grosse portion de proie préalablement plumée par
la femelle.

L’adulte se retourne, montrant le plumage orangé qui couvre ses jambes.

Apparaissant très tôt, le masque facial foncé contraste avec le reste du duvet
grisâtre.

Le capuchon noir de l’adulte contraste aussi avec sa gorge crème. Les jeunes
se disputent la proie.

Le plumage du jeune évolue rapidement : à 18 jours, sa poitrine s’orne de plumes
crème flammées de brun et la tête devient plus foncée; la cire bleuâtre qui entoure
l’œil et le bec est caractéristique.

Photos Joël Bruezière
Textes Jacques Jeanmonod